Isabelle Flourac, encres et aquarelles

Artiste voyageuse résidant à Martinet (85)

Haridwar, la vie en soi

Haridwar, 10x15cm, encres

LA VIE EN SOI

Il est doux le murmure

Des trains de bords de Loire

Tout est calme.

Elle scintille. Forte, ample, indomptée.

Si belle dans ses habits d’hiver.

Le train me berce.

Il souffle l’énergie de la vie.

Grimper dans n’importe quel train,

Lever le pouce sur n’importe quelle route.

Ailleurs, la vie défile le long des voies.

Le train s’étire et gagne le lever du soleil.

La vie devant soi.

Chae Chae Chae

Birdy, des hommes accroupis,

Bras élastiques, un tissu noué autour de la taille

Un torchon

Chae Chae Chae

Chae Chae Chae

Des travestis au large sourire

Tendent la main

Danseurs eunuques

Chae Chae Chae

Des hommes se brossent les dents

Et crachent face au train.

En un jet.

Chae Chae Chae

Dans les bidonvilles, les maisons de paille, les maisons de tole,

Des femmes aux habits de couleur,

Parures éclatantes,

Elégantes

Chae Chae Chae

Prendre des bus et traverser des montagnes

Allure de fête foraine

S’accrocher au siège

ça tangue à Manali

Chae Chae Chae

Une femme glisse des amandes dans ma main,

Contre la vitre du bus, pose un tissu.

Protéger la tête de son fils qui s’endort.

Qui ne grandit pas,

Casquette enfoncée sur le crâne.

Chae Chae Chae

Le sol est tumultueux

Et fait bouger les corps

Au rythme d’une pop indienne

Bus aux allures de Bollywood

Chae Chae Chae

Des sourires

Chae Chae Chae

Arriver dans une nouvelle ville,

Et voir défiler la vie, en son ventre

Chae Chae Chae

Dans la pénombre du matin,

Echoppes, barbiers, vendeurs de samosas,

Bananes sucrées, tuks tuks…

Chae Chae Chae

Va et vient de vies qui s’enfoncent dans les ruelles,

Qui rejoignent les grands axes.

Le bruit, les odeurs, la cohue, la vie, les sourires

Chae Chae Chae

Détritus qui s’amoncellent sur les voies, dans les rues

Et pourtant l’amour de l’Inde qui monte en moi.

On se pose un peu, hein ?

Chae Chae Chae

3 heures du mat.,

Se réchauffer autour d’un feu toxique,

Et attendre que le jour se lève.

Un jeune homme ôte sa ceinture et la frappe au sol.

Dompteur de puces, bousculé par ses copains :

‘I’m not crazy !’

Chae Chae Chae

Premier Tuk tuk à l’aube.

On s’en va, il fait froid.

Le jour se lève sur les montagnes himalayennes,

Le souffle de la vie.

Tout est possible.

Tout est calme.

La vie en soi.

 Haridwar, La vie en soi. Octobre 2011.

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Cette entrée a été publiée le 03/04/2015 par dans Inde, Récit, et est taguée , , , , , , .

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