Isabelle Flourac, encres et aquarelles

Artiste voyageuse résidant à Martinet (85)

Sur l’île des Chamans

Mon bout de l'île
Mon bout de l’île

30 septembre. Un jour, je me promène aux abords du Baikal, le plus grand lac du monde. Avant de partir, j’ai à peu près préparé mon voyage jusqu’à Irkoutsk. Et c’est tout. Irkoutsk est maintenant derrière moi. Où aller maintenant ? Je ne sais pas. J’aimerais bien avoir un signe pour savoir quel chemin prendre. J’aimerais bien. Alors, Helena arrive de nul part et me raconte Olkhon, son pouvoir, sa beauté, ses lumières. Quand ça ne va pa, elle prend le bateau et s’en va marcher sur Olkhon. Olkhon, c’est l’île des Chamans. Avec ses légendes, ses totems et ses rochers magiques. On dit qu’au Nord de l’ïle, à la pointe, celui qui se baigne dans les eaux glaciales gagnera l’éternité.

A ольхон (Olkhon), je découvre l’arbre sacré, situé non loin de la roche Shamanka. Il est décoré de rubans de toutes les couleurs. Accrocher des tissus aux arbres est un rite chamanique répandu. Dans le Nord de la Mongolie, près du lac  Khövsgöl, je découvrirai des arbres vêtus également de la sorte.Sur l’île, il n’est pas rare que les habitants, souvent bouriates, s’arrêtent pour procéder à quelques rituels. Pause chamanique lors des trajets en bus ou en voiture : quelques cigarettes déposés au pied des totems ou autres lieux sacrés.

L'arbre sacré, Olkhon
L’arbre sacré, Olkhon

Au soir couchant, le lac Baikal et l’île d’Olkhon sont éclairés par des lumières subtiles et étonnantes. La roche chamanique, située aux abords du village de Khoujir, compte parmi les 9 places sacrées de l’Asie.Lieu vénéré, mais aussi autrefois lieu de sacrifices, il contient une mystérieuse grotte longtemps interdite à qui n’était pas chaman.

Shamenkha
Shamankha

Partie pour une escapade au Nord de l’île,je projette de passer la nuit à l’abri d’un rocher.Sur la route,  je fais la connaissance de pêcheurs qui me dissuadent de continuer mon chemin vers le Nord de l’île. « Outrom, outrom, me répètent-ils en coeur, appuyant leurs propos à l’aide de dessins ». Je comprends que je n’aurais pas le temps de rejoindre le rocher avant la tombée de la nuit (outrom) et accepte l’hospitalité. Dans la nuit, il tempête un peu, le vent est froid et joue une jolie musique.A quatre heure du matin, un des pêcheurs me réveille pour me faire un dessin. Sur le papier, un type aux cheveux longs saute d’une falaise, une flèche pointe vers l’eau. Il m’explique en Russe… je crois… qu’en sortant pisser, il a vu un chaman plonger dans l’eau glacée.

La cabane des pêcheurs
La cabane des pêcheurs

Après deux semaines passées sur l’île, la fin de mon visa me ramène au voyage. La neige et les températures tombent sur la Sibérie. Retour à Irkoutsk, série de glissades incontrôlées sur les trottoirs et début du grand froid. Dans un train qui s’en va vers la Mongolie, je m’endors. Dans la nuit, je me réveille, sentant la présence d’un homme au-dessus de ma tête. Il s’active et récite des prières, tout doucement, presqu’en silence. Je crois… j’ai toujours pensé, que cette nuit là, un chaman me donna la protection du voyageur.

Les totems
Les totems

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Cette entrée a été publiée le 10/01/2013 par dans De St Nazaire à Kuala Lumpur, Récit, Voyage.

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